La chemise médiévale

La chemise pendant la période 1170-1210, et comme tout au long du Moyen-âge, est un sous-vêtement ample et qui se porte à même laTunique-de-Saint-Franois-dAssise-1155-1225-It3.jpg peau comme nous le montre les sources écrites par exemple : "An son saing pres del cuer les fiche, Entre sa chemise et sa char" (Le Chevalier à la Charette de Chrétien de Troyes, 1180). On la retrouve dans les textes de cette période sous le terme de camisa ou cemise. La chemise, comme les braies, étant un sous-vêtement il sera fait dans un tissu fin et souple tel que le lin et le chanvre majoritairement, ou en soie et en coton pour les plus riches. On peut même supposer que pour les temps froids elle soit en laine fine.

A la fin du 12ème siècle la chemise a la même longueur que la tunique. La longueur de la chemise, comme le vêtement du dessus, dépend de la richesse: plus la chemise est longue plus l'homme est riche. Mais la longueur dépend aussi de la mode. Par exemple dans l'espace germanique, il est fréquent que des personnages riches portent des vêtements courts mais cependant très décorés et donc la chemise va suivre la même coupe. Même si textuellement les sources de chemise sont abondantes, au niveau des enluminures et statuaires les sources sont rares mais par chance une chemise datée entre 1155 et 1225 est parvenue jusqu'à nous (voir figure : Chemise de Saint François d’Assise, Italie, 1155- 1225). On peut donc en déduire un patron, qui semble universel, et qui de plus ressemble en tout point à celui de la tunique. Ce patron est composé d’un grand rectangle pour le corps, de deux rectangles pour les manches, de deux grands triangles pour l’aisance du corps et enfin de deux petits triangles pour l’aisance des manches. La coupe de la chemise va donc dans la majorité des cas suivre celui du vêtement du dessus. Pour finir la taille de la chemise est « réglementée », elle ne dépasse jamais le dessus du genou dans la très grosse majorité des cas et peut arriver à mi mollet voir aux pieds, ce qui montre une forte richesse.

Basilique-de-Notre-Dame-en-Vaux-Chlons-en-Cha.jpgUne mode très présente dans toute l'Europe et pendant tout le siècle, chez les femmes comme chez les hommes, est la mode des manches plissées qui représente des plis aux manches au niveau des poignets (voir figure: Basilique de Notre Dame en Vaux, Châlons-en-Champagne, vers 1180). Cet effet est sans doute dû à des manches longues retroussées, et cintrées lorsqu'elles sont retroussées, ou même cet effet est sans doute dû à des plis qui sont directement cousus. On retrouve quelque fois cette mode pour le tunique mais plus rarement en comparaison aux chemises.

La chemise peut posséder soit un amigaut c'est-à-dire une fente au niveau du col, mais ce système nécessite l'utilisation d'un fermail qui peut être un objet de luxe, soit un col rond qui semble être majoritaire, au vue des sources principalement iconographiques ou encore de l’artefact italien présenté plus haut.

Une source anglaise de la fin du 12ème siècle est intrigante. En effet elle montre un paysan travaillant aux champs et portant ce qui semble être une chemise sans manches. Cette source est un cas unique on peut donc penser que ce vêtement serait plutôt un vêtement de travail contre la chaleur ou pour utiliser le fléau plus facilement.

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