Chaussures

Il existe différents types de chaussures entre 1170 et 1210. Tout d’abord on retrouve le mot chaussure dans les textes sous la forme générale de soller : « sollers de buef »  (Charrois de Nymes, 12ème siècle). D’un point de vue technique la chaussure est constituée d’une semelle de cuir épais, environ 4 à 5 mm, de la tige, c’est-à-dire de la partie supérieure de la chaussure qui est en cuir plus fin, environ 2,5 mm, et enfin de la trépointe, bande de cuir se trouvant entre la semelle et la tige permettant de protéger la couture. Au niveau iconographique, on peut différencier trois formes de chaussures : les chaussures basses, les bottines et les bottes.

Les chaussures basses correspondent à des ballerines qui peuvent être ouvertes ou fermées et qui s’arrêtent un peu en dessous de la cheville. La grande majorité de ces chaussures sur les statuaires et les enluminures sont ouvertes, sur la partie supérieure du pied, même si les chaussures fermées sont également courantes. Lorsqu’elles sont ouvertes, elles peuvent être fermées au niveau du cou-de-pied par un cordon. A l’opposé lorsqu’elles sont fermées, elles peuvent parfois avoir une légère fente sur le haut ou sur le côté de la chaussure. Le bout de la chaussure peut être rond ou légèrement en pointe, à l’instar de la poulaine du 14ème siècle. Ces chaussures basses sont surtout réservées à des personnages nobles ou riches. Au vu des enluminures et des textes, elles peuvent être décorées avec des broderies, voire des feuilles d’or : « Et à or furent entaillié li soller » (Aliscans, Picardie, fin du 12ème siècle). On retrouve d’ailleurs cette forme de chaussures sous le terme d’eschapins qui sont des chaussures d’intérieur en tissu ou en cuir très fin selon E.R Goddard : « Il saut do lit en eschapins chaciez » (La geste des Loherains, fin du 12ème siècle).

Ensuite on trouve les bottines qui sont des chaussures arrivant mi mollet maximum. Ces chaussures sont toujours munies d’un laçage sur la partie supérieure de la chaussure, entourant la partie qui est au-dessus de la cheville. Ces chaussures sont très appréciées par la grande majorité de la population car elles sont très représentées sur les sources. On les retrouve notamment lors du travail des champs ou sur des bergers par exemple. Le bout de la chaussure est toujours rond et celle-ci n’est jamais décorée au vu des sources.

Pour finir il existe des bottes, qui semblent être de deux modèles. Le premier modèle reprend celui des bottines. Elles sont cependant plus hautbottes-dites-de-l-abbe-richard-1225-h-28cm.jpges, arrivant parfois un peu en dessous du genou, mais elles gardent le même système de laçage. Elles semblent être utilisées par les riches, mais principalement dans le cas de chevalier en armure, comme par les classes inférieures mais les sources sont très peu courantes en comparaison des autres styles de chaussures. On peut constater un deuxième modèle de bottes qu’on ne trouve pas dans les sources mais sur une pièce archéologique et dans les textes. En effet on peut remarquer que le terme revient souvent lorsque l’on parle de chaussures chez les personnages religieux : « Et fu d'une grans botes d'abeie cauciés » (Chanson d’Aiol, seconde moitié du 12ème siècle). Heureusement une pièce archéologique nous est parvenue, c’est la botte attribuée à l’abbée Richard et qui datée de 1225 (voir figure). Même si un peu plus tardive que la période concernée, cette pièce nous montre ce que semble être les bottes portées par les religieux qui sont citées dans les textes. La botte est montante et ne comporte aucune ouverture, ni aucun laçage.

Il existe des protections pour les chaussures qu’on appelle les socques et qui sont l’ancêtre du sabot. Les socques sont des patins de bois avec un talon à l’avant et à l’arrière maintenus à la chaussure par des sangles de cuir. Les socques permettent de protéger les chaussures des terrains pouvant les abimer. On trouve à ce jour que deux statuaires montrant des socques portées mais on sait qu’elles furent très à la mode aux siècles suivants ce qui permet de penser qu’elles ne devaient pas être excessivement rare à cette époque

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