Capes et autres manteaux

A la fin du 12ème siècle et au début du 13ème siècle, il y a plusieurs types de vêtement pour se protéger du froid et des intempéries. 

Tout d'abord on a le mantel qui est le nom médiéval de la cape. Le mantel est le vêtement de froid le plus utilisé, tant par les personnes de basse et moyenne condition que les personnes de haut rang. Le mantel est le vêtement typique de la noblesse. Il est même utilisé lors des cérémonies de sacre comme par exemple celui de Roger II de Sicile.

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La forme du mantel peut être de deux formes, soit demi-circulaire soit rectangulaire. Le mantel rectangulaire n’est qu’une supposition de sources iconographiques montrant des mantels partant en pointe à certains angles. La forme demi-circulaire est elle sourcée comme on le voit clairement sur certaines sources dont notamment le mantel du costume de sacre de Roger II de Sicile (voir figure : Manteau de Roger II de Sicile, Sicile, c. 1133-1134). Elle peut se porter avec l'ouverture sur le devant ou sur le côté, au niveau des épaules. Il peut se fermer avec un fermail au plus près du cou ou encore avec un cordon, apparaissant à la fin du 12ème siècle, cousu sur un pan qui passe dans deux œillets sur le pan opposé : « Mout fu li mantiax boens et fins […] es estaches ot d'or une once » (Érec de Chrétien de Troyes, c. 1170)

Le mantel est fait dans des matériaux épais comme la laine ou bien dans des matériaux extrêmement riches comme la soie. Il peut être doublé de tissus fin comme le lin ou le chanvre. Pour les personnages très riches elle peut être doublée de fourrure telle que l'hermine et le vair ou avoir de la fourrure uniquement sur le tour du col comme on le trouve sur les enluminures et dans les textes : « Mout fu li mantiax boens et fins : au col avoit .ii. sebelins » (Érec de Chrétien de Troyes, c. 1170), ou être doublé de matériaux précieux comme des soieries.

 

Ensuite on trouve le surcot, c'est un vêtement qui est très proche de la tunique et qui se porte par-dessus celle-ci. Il se différencie de la tunique tout d’abord par le fait que les manches peuvent être courtes ou longues ou encore par le fait que le surcot possède une capuche, comme la chape et le chaperon : « Une chape qui ot esté tote fresche tot le sorcot » (Guillaume de Dole de Jean Renart, début du 13ème siècle). On remarque d’ailleurs sur les enluminures que les surcots des paysans au travail sont généralement à manches courtes et à capuche. Une autre chose permet de différencier le mantel de la cote ou du bliaut, contrairement à la tunique le mantel ne se porte pas avec une ceinture. Cependant le surcot peut posséder un amigaut comme la tunique. On retrouve ce vêtement régulièrement dans les textes et l’iconographie, et ce pour les personnes de toutes les conditions. On retrouve également de très rares exemples d’enluminure de la toute fin du 12ème siècle montrant des surcots sans manches avec une ouverture allant jusqu’au niveau de la ceinture ou bien à manches fendues au niveau des aisselles pour pouvoir se libérer de la manche. Il semble également qu’il puisse exister des surcots d’été et des surcots d’hiver comme nous le laisse penser certains textes : « sorcot qui n'est pas d'esté » (l’E

alphonse-ix-de-leon-cartulaire-de-saint-jacques-de-compostelle-debut-du-13eme-siecle.jpgscoufle de Jean Renart, c. 1210).

Plus étonnant, il semblerait que le surcot peut parfois se porter seul c’est-à-directement sur la chemise. C’est ce que l’on retrouve parfois dans certains textes : « D'une chemise bien tyssue […] S'a un surcot affublé sus » (Le Roman de Galerant de Jean Renart, début du 13ème siècle). C’est peut-être là qu’est la différence entre le surcot d’été et celui d’hiver. On peut d’ailleurs sans doute voir ce vêtement sur certaines enluminures, notamment anglaise et espagnole, où on voit des hom

Le surcot peut être fait dans un tissu épais comme les autres vêtements de froid et peut être doublé avec un tissu fin. Pour les plus riches, le surcot peut être de tissu luxueux comme des soieries voir même doublé de fourrure : « Li sorcos fu toz a porfil, Forrez de menuz escuiriaus » (Auberee, fin du 12ème - début du 13ème siècle). Pour la longueur, le surcot arrive au même niveau que la tunique, voire légèrement au-dessus pour laisser paraître le bas de la tunique. Parfois le surcot est fendu à l’avant et à l’arrière pour améliorer l’aisance.mes portant des tuniques sans manches et portant un vêtement blanc en dessous, sans doute la chemise. Il est difficile d’être certains mais ce type de vêtement correspond certainement au surcot d’été. Donc en recoupant les textes et l’iconographie, le surcot d’hiver est un vêtement ressemblant à la tunique avec ou sans capuche, à manches courtes ou longues, qui peuvent être fendues sous l’aisselle lorsqu’elles sont longues, voire sans manches. Mais le surcot est surtout un vêtement qui se porte par-dessus la tunique tandis que le surcot d’été est un vêtement sans manche, dont l’ouverture sur le côté descend jusqu'à la ceinture, et qui se porte directement sur la chemise laissant ainsi apparaitre les manches blanches de celle-ci (voir figure : Alphonse IX de León, Cartulaire de Saint Jacques de Compostelle, début du 13ème siècle).

 

Pour finir il existe également les chaperons et les chapes. Le chaperon est une capuche qui protège la tête et les épaules. Le chaperon est encore rare entre 1170 et 1210 et reste principalement utilisé par les paysans et les bergers, jamais pour les personnages riches. De plus c’est une pièce de vêtement typiquement masculine à cette époque contrairement au reste du 13ème siècle. Il est donc fait dans des matières simples comme la laine ou encore en peau avec la fourrure à l’extérieur, d’après les sources iconographiques et textuelles : « et si ot cote et chaperon de cuir de cerf clos anviron. » (Perceval de Chrétien de Troyes, c. 1181). Il peut être doublé d’un tissu fin comme du lin. Enfin la pointe de la capuche est courte contrairement au siècle suivant.

L’esclavine correspond au chaperon seulement elle ne s’arrête pas aux épaules mais au niveau du bas ventre sur le devant, et est plus longue au dos. Elle descend jusqu’au poignet généralement. Elle est beaucoup plus démocratisée que le chaperon mais reste un vêtement du peuple typiquement masculin. On la retrouve beaucoup sur les représentations de bergers ou d’hommes au travail. Elle est fait dans des tissus pauvres tels que la burel , qui est une laine assez grossière. Elle peut être doublée d’un tissu comme le lin.

 

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