Braies

psautier-de-fecamp-8.jpgLes braies sont un caleçon long et ample qui sert à attacher les chausses (voir figure : Psautier de Fécamp, France, vers 1180). Les braies sont toujours dans un tissu fin et souple c’est pourquoi elles sont couramment fabriquées  en lin ou en chanvre pour la majorité du peuple, ou même en soie ou en coton pour les riches. Les braies ne sont jamais colorées, elles sont toujours dans la couleur naturelle du tissu employé c’est-à-dire le blanc ou le beige clair. psautier-de-fecamp-8.jpg

Dans la seconde moitié du 12ème siècle les braies sont longues, allant jusqu’aux pieds ou aux tibias, et sont relativement  étroites ressemblant aux pantalons des siècles précédents. Durant les dernières décennies du 12ème siècle, les braies ont de plus en plus tendance à se raccourcir et à devenir ample. On passe de braies partant des pieds pour arriver à la fin du siècle à des braies partant des genoux, cependant on trouve encore à la fin du siècle des braies longues comme nous le montre certaines sources. Les braies courtes et amples vont devenir le modèle standard utilisé tout au long du 13ème siècle et jusqu’au 14ème siècle.

Les braies se resserrent au niveau des hanches par le braïel, un long cordon de tissu ou de cuir passant dans un ourlet, ou bien par une bande de tissu cousue aux braies et dont les extrémités permettent de faire un nœud afin de les attacher, voir même une ceinture de tissu traversant des passants (voir la cathédrale d’Autun). Elles comportent également deux ouvertures, qui se situent de chaque côté du nœud des braies, dans l’ourlet du braïel pour favoriser le passage d’un cordon permettant d’attacher les chausses. Le braïel peut être en soie pour les personnes très riches comme nous le montre certains textes : "Ainc à ces causes n’ot coroie, ses braiels qui estoit de soie" (Blancandin et l’Orgueilleuse d’amour, premier tiers du 13ème siècle).

Les braies semblent être les mêmes pour toutes les classes sociales malgré que dans les sources les braies à cette époque sont dans la majorité des cas portées par des hommes au travail. Ce manque de sources pour les braies chez les hommes riches est dû à la réalité de l’époque. Etant donné qu’il n’est pas imaginable de représenter un noble en sous-vêtement et étant donné que les hommes au travail, comme les paysans, vont se mettre en sous vêtement pour être plus à l’aise, on va représenter plus facilement les hommes de basse et moyenne conditions en braies. Cependant comme les braies sont un sous-vêtement qui esteglise-souillac-1101-1150-3.jpg caché sous les autres vêtements, il n’y a pas de braies exclusivement et typiquement pour les riches et de même pour les pauvres. Pour les paysans on peut remarquer certains détails, les braies peuvent avoir leurs bas ouverts sur plusieurs centimètres, ce qui permet, à l'aide d'une cordelette cousue en haut des braies, de remonter le bas des braies pour faciliter le travail. Le bas des braies peut également être resserré par un petit cordon passant dans un ourlet.

Enfin, étant donné qu’aucune pièce archéologique contemporaine au 12ème siècle et au début du 13ème siècle ressemblant de près ou de loin à des braies ne nous est parvenue et face à la diversité des braies représentées dans les sources, on ne peut pas reproduire une coupe ou un patron type exact. Chaque braies représentées dans les sources de cette époque sont toutes différentes.

Pour finir il est courant à cette époque et durant les siècles suivants d’accrocher les objets de valeur au braïel, comme les bourses remplies de pièces voir les clefs de maison si l’on en croit certaines statuaires (voir figure: Statuaire, Eglise de Souillac, vers 1150; l'homme de droite a une clé attachée à ses braies). La raison de cette pratique est simple, elle permet d’éviter le vol de ces objets de valeur car ils sont cachés par-dessus les vêtements et ne sont donc pas à portée de main des voleurs.

 

 

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