Bliaud

Le bliaud se porte par dessus la chemise et la chainse. La coupe du bliaud semble être la même pour tout le monde, les différences et les effets de mode vont se jouer au niveau des manches, de la longueur, de la décoration etc.

Chez les femmes riches, la mode du bliaud à manche pendante est encore très présente comme au début du siècle (fig. 1). Cette mode apparait vers la fin du 11ème siècle et est également courant pour les hommes riches jusqu'au milieu du 12ème siècle. Cette mode est caratérisée par un vêtement cintré au corps et qui s'élargit à partir du bassin pour arriver aux chevilles ou même parfois plus bas mais ce vêtement est surtout caractérisé par une manche qui part en pointe à partir de l'avant-bras et du poignet. Le pendant de la manche peut être très court ou bien extrêmement long à tel point qu'il est noué pour éviter qu'il ne traine par terre. La longueur de la pointe est sans doute également un moyen de montrer sa puissance ou sa richesse. On peut constater que le col du bliaud est soit rond, c'est-à-dire sans amigaut, soit en col V, s'arrêtant un peu avant le haut de la poitrine, soit avec un amigaut. De plus ce bliaud est porté par une élite et est donc très décoré. Des bandes de tissus brodées, des galons tissés ou même, pour les femmes extrêmement riches, des bandes de tissus cousues de pierre précieuse peuvent être posés sur les bordures de vêtement comme le col, les poignets et le bas la robe. Le bliaud peut être doublé avec du tissus fin et bien entendu avec des matières riches comme du lin de très bonne qualité ou de la soie.

Un autre type de bliaud, plus courant dans la population que le bliaud précédent, est un bliaud très cintré au corps avec des manches serrées (fig. 2). Le bliaud est très ajusté des épaules au bassin puis devient ample. La robe est cintré grâce à un lacage sur l'un des côtés de la robe (fig. 3): une ouverture qui va de la poitrine au bas-ventre et qui est entourée d'oeillets où passe en zig-zag un cordon. On retrouve d'ailleurs ce système de laçage dans les textes de la fin du 12ème siècle "il la retint entre ses bras, de sen bliaut trença les laz" (Lai de Gugemar de Marie de France, fin du 12ème siècle). Le cintré peut aussi être obtenu en utilisant un tissu assez élastique comme de la laine qui ne nécessite donc pas forcément un lacage sur le côté mais on peut penser que le bliaud sera plus difficile à enfiler. Les manches du vêtement sont très ajustées au niveau de l'avant bras et du poignet. La longueur du bliaud varie, il peut arriver au cheville ou peut être plus long au point de trainer parterre. Le col peut être quant à lui rond, en V, en losange ou bien comporter un amigaut. Au niveau de la décoration, on peut trouver des bandes de tissus brodées ou non au col, aux poignets ou en bas de la robe comme pour le bliaud précédent. Même si ce bliaud est plus répandu que le bliaud à manche pendante, il n'en reste pas moins un vêtement porté par les classes riches ou moyennes.

Pour le reste de la population, c'est-à-dire chez les femmes qui ont des faibles revenus comme les paysannes, le patron du bliaud reste simple et persiste encore pendant les siècles suivants. Le vêtement est ample voire très ample et les manches sont soit ajustées soit ample (fig. 4). La longueur arrive généralement au niveau des chevilles. La ceinture peut être cachée sous les plis de la robe comme pour le bliaud masculin. Le col peut avoir un amigaut, être rond, en losange ou en V. Le bliaud ne porte pas ou peu de décoration puisqu'il est destiné à des femmes n'ayant pas des gros revenus.

Le bliaud féminin peut être en laine, lin, chanvre ou en soie pour les personnages riches. La laine semble être le tissus le plus utilisé pour le bliaud. Le bliaud peut être doublé d'une autre matière comme un tissus fin tel que le lin ou pour les femmes très riches de fourrure tel que l'hermine et le vair "roube ot de vair et d'eskerlate" (Le Bel Inconnu, début du 13ème siècle)

 

 

Fig 1:

 

Aldersbach Abbey, Allemagne, vers 1200

Fig 2:

 

Bible de Manérius, France, 1185

Fig 3:

 

Cathédrale Saint-Maurice, Angers, 12ème siècle

Fig 4:

 

Speculum Virginum, Allemagne, fin du 12ème s.

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