Ceinture

On se sait réellement que peu de chose sur la ceinture à la fin du 12ème et au début du 13ème siècle car les textes nous renseignent peu, les ceintures sont généralement cachées sous les plis du vêtement sur les sources iconographiques. Heureusement quelques pièces de ceinture sont parvenues jusqu’à nous.

Dans les textes on trouve la ceinture sous le terme de çainture, composée d’une coroie et d’une boucle. Au niveau iconographique on peut remarquer, même si la ceinture est quasiment toujours cachée, qu’elle est autant portée par l’homme que par la femme et qu’elle se porte à mi-taille. Au niveau des sources archéologiques on peut faire une typologie de trois formes pour la boucle de la ceinture : en D simple, en D pointu et en D lobé (voir figure). La boucle est fabriquée dans différentes matières, selon la richesse de l’acheteur : en bronze, en cuivre, en laiton, en argent ou en or massif ou plaqué. Les boucles peuvent être gravées de motifs géométriques simples comme des vagues ou des ocelles ou de motifs plus complexes comme des motifs stylisés de feuillages. L’ardillon est parfois dans une autre matière que la boucle comme en fer par exemple. Les boucles de ceinture sont généralement très petites, dépassant rarement les 20 mm de hauteur.

ceinture-typo-1.jpg

Les boucles sont souvent accompagnées de plaque-boucle sur les modèles plus riches. La plaque-boucle est une pièce de métal qui se trouve du côté de l’ardillon et qui permet de fixer la boucle à la courroie (voir figure : boucle, Allemagne, fin du 12ème siècle). Elle est majoritairement indépendante, mais est parfois faite d’une seule pièce avec la boucle. Elle peut être généralement de trois formes : carrée, rectangulaire ou semi-circulaire. Elle mesure la même hauteur que la boucle. La plaque-boucle est généralement sobrement gravée de motifs simples, parfois de motifs végétaux stylisés ou encore parfois de motifs zoomorphes ou anthropomorphes coulés en relief. Ces pièces sont de véritables bijoux d’orfèvrerie dans certains cas, lorsqu’ils sont dorés d’or ou encore même lorsqu’ils sont émaillés. La plaque-boucle pour finir est parsemée de trous à ces angles pour permettre le passage de rivets en métal qui vont servir à fixer la boucle à la courroie.

ceinture.jpg

La courroie est soit en cuir, qui est teintée pour les plus riches, soit en tissu brodé ou en galon tissé, toujours pour les plus riches, comme nous le signale certains textes : « une çainture de soie, a or broudée tot entor » (Li biaus descouneüs de Renaud de Beaujeu, début du 13ème siècle). La courroie peut être parfois parsemée de décorations en métal doré, en argent ou en or, qui apparaissent dès la fin du 12ème siècle (voir figure : Applique, Allemagne, seconde moitié du 12ème siècle). Ces décorations se trouvent sous plusieurs formes, de la forme classique et standard en « I » que l’on retrouvera pendant le reste des 13ème et 14ème siècles aux plus élaborées sous forme de plaques, rectangulaires ou circulaires, gravées ou coulées en relief reprenant des motifs zoomorphiques, plaques qui sont parfois ajourées, voir émaillées. Ces décorations sont, comme les plaques-boucle, fixées à la courroie à l’aide de rivet passant dans des trous. On retrouve parfois mention de ces décorations dans les textes : « Sa ceinture d'argent ferrée » (Le Roman de la Rose de Jean Renart, début du 13ème siècle).

ceinture-allemagne-2eme-moitie-du-12eme-siecle.jpgPour finir la courroie est dans certains cas terminer par un pendant. Le pendant est une pièce de métal qui se fixe par des rivets à l’opposé de la ceinture. Cette partie opposée est d’ailleurs assez courte, tombe réellement peu une fois la ceinture bouclé, et n’est pas enrouler à la ceinture au vu des sources iconographiques. Le pendant permet d’embellir la ceinture mais également de permettre un joli tombé. Il est fait dans les mêmes matières que la plaque-boucle ou les décorations : en bronze doré, en argent ou en or. Il peut être gravé et reprendre des motifs zoomorphiques. On retrouve cet accessoire cité dans les textes contemporains : «Et les pendans de lor çainture »  (Partonopeus de Blois, avant 1188).

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site

×